La galère de la dessinatrice

Depuis 15 jours, je me creuse la tête. J’ai un beau contrat qui vient de tomber sur ma table… et ce n’est pas trop tôt car les huissiers sont à ma porte, et ce n’est pas pour prendre l’apéro.

Bref, je dois dessiner le carton d’invitation du chantier naval d’à-côté. Le patron a construit une galère sur la base de celles qui voguaient par ici au XVIIe siècle et sur lesquelles furent envoyés les protestants, les opposants, les repris de justice… bref, tous ceux dont on ne voulait pas trop s’occuper, mais qu’on ne pouvait pas mettre à mort…

Plus mon voisin m’en a raconté, moins j’avais d’idées. D’abord, je voulais faire un bateau… puis je voulais rendre hommage à tous ces hommes qui y ont été envoyés, puis je voulais mettre en évidence le grand nombre de personnes nécessaires à la chiourme…

Quelle galère ce carton d’invitation… Plus j’essaie de les ordonner, plus mes pensées s’égaillent en tous sens.

Et voilà le téléphone qui sonne. C’est ma mère… Je déteste qu’elle me téléphone pendant que je travaille, ça me déconcentre !

Durant son monologue où elle me raconte sa dialyse et l’accident de Madame Pochon la couturière, je griffonne sur mon bloc… Une couturière a des ciseaux… Et ces ciseaux sont en action, quelques petits traits pour montrer le mouvement… Ma mère continue à soliloquer. Je me contente de petit humhum de temps à autre… Tiens, ces ciseaux, qu’est-ce qu’ils coupent ? Ma mère me parle de sa collecte de fonds pour le ruban rose, la lutte contre le cancer du sein… Ah, ben mes ciseaux, ils coupent un ruban… Ma mère m’invite à déjeuner dimanche… Un dernier « humhum, à dimanche, M’man » et je raccroche.

Et voilà, le carton… il est là… Griffonné en quelques minutes, je l’affine un peu et vais présenter le résultat au chantier naval. Du contremaître à l’apprenti, tout le monde approuve mon dessin « résolument moderne et graphique » d’après le patron.

Vivement l’inauguration!

Voili, voilà, la nouvelle de la semaine pour le défi proposé par Mil et Une. le mot à intégrer était galère. L’image a été dessinée par Keith Haring, en vrai de vrai.

Les surprises de la vie

Depuis longtemps, Suzanne cherchait l’âme sœur. Un homme en qui elle pourrait avoir confiance. Un homme généreux. Un homme fidèle. Un homme tendre et honnête, qui ne lui joue pas la comédie en se faisant passer pour ce qu’il n’est pas… L’homme de sa vie, l’homme de ses rêves, quoi!

Dans les années 80 et 90, elle lisait les petites annonces des journaux, et puis elle s’était mise aux sites de rencontre. Pensez donc, même Madame Jeanne, la concierge acariâtre de son immeuble, y avait trouvé un homme qui partageait maintenant sa loge et sa vie. Alors elle finirait bien par trouver.

D’ailleurs… cela faisait quelques semaines qu’après un échange de numéros de portables sur www.rencontremagique.fr, elle conversait tous les soirs au moins deux heures avec Justin. Elle sentait qu’elle pouvait lui faire confiance. Il était généreux. Il répondait fidèlement à chacun de ses messages. Sa voix avait vraiment de tendres inflexions lors de leurs interminables discussions.

Comme elle, il aime la nature, les balades, observer les oiseaux au rythme des saisons. Jamais elle ne l’a entendu maugréer contre le vent, la pluie, la chaleur, la sécheresse. Il aime tout de la nature, y compris ses caprices. Comme elle qui trouve que les gens sont pénibles à se plaindre tout le temps.

Il aime passer du temps avec sa sœur et ses neveux et nièces. Il les voit au moins deux fois par semaine et ne tarit pas d’éloge sur les progrès des uns et des autres: les premiers pas de Sophie, les grandes idées de Tadéo, les devoirs de Charlie, les bonnes blagues de Jules… A force d’entendre parler d’eux, Suzanne a déjà l’impression de les connaître, et presque de les aimer.

Et puis ses yeux!!! Sur les photos reçues, Justin ne se départit jamais d’un regard intense et joyeux. C’est sûr, il est l’homme dont elle a besoin.

C’est décidé, ils vont se rencontrer. Jules lui a donné l’adresse de sa boutique et elle viendra le chercher à l’heure de fermeture… Elle regarde sa montre toutes les 3 minutes. Le temps s’écoule lentement en cette après-midi d’automne. Mais voilà que l’heure approche finalement.

Suzanne se rend au lieu de rendez-vous… et se fige devant la boutique Aux mille et unes saveurs. Ce n’est pas la douce boutique d’épices qu’elle s’était imaginée… Non… C’est… une boucherie… et pour Suzanne, végétalienne convaincue… c’est inimaginable de vivre avec un boucher!

Photo-thème de la semaine chez Mil et Une… et le mot à glisser mine de rien dans le texte était comédie

Voili, voilà, merci d’être passé·e par là et d’avoir lu cette histoire.

Scène de rue

Ahhh… Katmandou ! Que de sons, de couleurs, d’odeurs et de sentiments évoqués dans un seul nom de ville… La première fois qu’elle y était allée, emmenée par sa grand-mère, Alaknanda était encore une toute petite fille. Ce devait être aux alentours de 1937. La terre avait tremblé en 1934, laissant d’horribles ruines en guise de cicatrices visibles, sans compter les coeurs endoloris des trop nombreuses personnes touchées par les deuils.

Elle se souvenait de peu de choses de cette première visite: le temps où sa grand-mère s’était rendue, les ouvriers qui en refaisaient la peinture en étant pieds nus, une stupa sur une place… Elle regrettait de n’avoir pas pu mieux fixer ces souvenirs.

Mais chaque fois qu’elle y revenait, un souvenir était intact, un souvenir bien plus tardif: sa vocation de photographe. Elle avait vu une fois un homme avec un boitier noir autour du cou, il lui avait expliqué en anglais de quoi il s’agissait et lui avait montré quelques images. Alaknanda n’avait pas tout compris, mais avait immédiatement perçu le potentiel de cet appareil… et sa vie avait alors basculé.

Elle pensait image, photo, tout le temps. Au début, elle se servait de ses mains pour imaginer des cadrages. Et puis un journaliste américain était venu et, amusé par son manège, il lui avait prêté un Elioflex. C’était en 1951, l’appareil était récent. Durant son séjour, il lui avait appris quelques rudiments de développement, de prise de vue. En partant, il lui avait laissé l’Elioflex et un peu de matériel car il avait vu à quel point elle était douée.

Au début, il était difficile de se procurer du matériel… Et puis le Népal s’était ouvert. Elle avait beaucoup travaillé et avait fini par se faire connaître et reconnaître, parcourant inlassablement le Népal et photographiant partout des scènes de vie, des scènes de rue.

C’était un autre temps. Aujourd’hui, elle photographie avec son portable et publie directement ses images sur son compte Facebook Instant’Alaknanda, suivi par plusieurs dizaines de milliers d’abonnés de par le monde. Et quelle n’est pas sa surprise lorsqu’elle découvre un matin qu’une de ses photos a été choisie par un site français intitulé Mil et une qui propose d’écrire une histoire sur la base de sa photo!

Voili, voilà… C’était une nouvelle pour le nouveau thème de Mil et une… et cela faisait bien trop longtemps que je n’en avais pas écrit.

Le chanteur

Une petite histoire composée pour MiletUne…

Cette fille est incroyable. Je l’ai rencontrée il y seulement 10 minutes, par hasard. J’étais là, sur ma terrasse, je regardais la rue. Comme à mon habitude, je chantonnais. Elle a regardé vers moi, et m’a dit « Quelle belle voix de ténor! » L’aura qui se dégageait d’elle avait quelque chose de magique. J’étais flatté que cette belle femme éprouve un intérêt pour ma personne.

D’un coup, je me suis senti important. Sa simple phrase m’a donné envie de lui raconter ma vie, sans détour. Ma courte carrière à l’opéra. Mon exil loin des salles de concert. Mon mariage…

« Rémy, tu veux beaucoup de poivre dans tes nouilles, mon cœur? » J’ai bien entendu Gisèle qui m’interpellait depuis l’intérieur mais j’ai continué à parler à cette femme, là, dans la rue. Bien sûr, nous aurions été mieux à l’intérieur, attablés devant un thé, un café, ou un verre de blanc… Mais nul besoin de maîtriser la diplomatie internationale pour savoir que Gisèle n’aurait pas aimé. Je lui devais beaucoup, je la respectais et ne voulais rien faire qui puisse susciter sa jalousie.

Elle m’avait aidé à me relever. Elle avait travaillé alors que je n’étais plus rien. J’avais rencontré Gisèle à un atelier organisé par l’ANPE pour savoir comment rédiger un CV. Gisèle était pleine de vie. Elle était motivée, elle voulait travailler, du reste, la semaine suivante, elle commençait dans un nouveau bureau… Poste qu’elle a gardé jusqu’à sa retraite il y a quelques mois.

Pour ma part… J’avais été vedette. Un soir, j’avais dérapé… Il y avait des problèmes dans le spectacle. Des histoires de gros sous, des histoires de fesses, des histoires pas jolies-jolies. J’avais 21 ans et j’étais révolté. Ce soir-là, j’avais chanté… Aussi bien que d’habitude. La perfection. Pas une fausse note. Mais un faux texte. Sur un air de Lakmé, la soprano et moi nous étions écartés du livret d’Edmond Godinet et Philippe Gilles pour dialoguer des paroles composées par Jacques Diolugine, le baryton, dénonçant le système duquel nous étions tous prisonniers. Le temps que la régie s’aperçoive de l’accusation, nous avions déjà chanté une bonne partie de notre mal-être. Cela n’avait pas été du goût de tout le monde… Le rideau jaune avait été rabattu soudainement, et la photo de Lakmé-Justine Durant faufilant son nez pour lancer une dernière phrase avait fait le tour du monde. Mais nous avions été licenciés pour faute grave elle et moi. Je n’avais jamais retrouvé d’embauche dans le monde du spectacle.

Je ne savais rien faire d’autre que chanter… et boire, ce qui n’avait pas aidé. J’étais désespéré… et j’avais rencontré Gisèle. Elle avait eu un coup de foudre, quant à moi… non, honnêtement, je ne crois pas. Mais elle était si gentille, si attentionnée, elle m’avait aidé à reprendre pied, elle m’avait accompagné chez les alcooliques anonymes, et jamais, jamais elle ne m’avait jugé… alors quand elle a voulu se marier, je n’ai pas dit non. Elle a fait tourner la maisonnée, s’est occupée des enfants, a travaillé. Pendant que moi… j’utilisais le peu d’énergie que j’avais à me tenir debout.

« Mais vous aviez l’étoffe d’être un héros, vous étiez un lanceur d’alerte » me souffle la belle inconnue avant de s’éclipser, propulsant son fauteuil roulant à la force des bras.

Et je suis rentré manger mes nouilles. Gisèle n’avait pas assez poivré!

Ci-dessous, l’image proposée par Miletune, avec les mots à placer dans le récit.

Nouvelle: le rendez-vous de Notre-Dame

Les cloches sonnaient depuis quelques minutes déjà. Benoît franchit le pont Bessières en prenant son temps. Il aimait emprunter ce pont, ce qu’il faisait presque chaque jour, même s’il lui aurait été plus simple de passer par la place de la Riponne. Il aimait le coup d’œil sur la cathédrale, sa silhouette massive surplombant la ville, sa rosace comme aveugle alors qu’elle était si belle à l’intérieur.

Benoît était un jeune homme aux goûts simples, sans histoire. Depuis trois ans, il travaillait comme serveur au café de l’Evêché, ce dont il se satisfaisait. Avec la ponctualité d’un train suisse, il quittait son petit studio de la rue Saint-Laurent à 8 heures 37, se promenait sur ce pont tant apprécié et arrivait au café à 8 heures 56, juste au bon moment pour prendre son service à 9 heures.

En ce dimanche matin, ce n’était pas au travail qu’il se rendait mais à la cathédrale pour le culte.
Il faisait partie de ces fidèles occasionnels qui se posent beaucoup de questions et ne savent pas très bien s’ils croient en Dieu ou pas. La question finalement l’indifférait, il était bien au-delà de cette réflexion, comme si la réponse ne le concernait pas vraiment.
Il fréquentait l’endroit plus ou moins régulièrement, jamais pour les grands événements: il aimait mieux les célébrations plus intimes, quand on pouvait s’asseoir à sa place et profiter du moment sans être ennuyé par des voisins murmurant, toussotant ou tapotant des SMS. Le plus souvent, il laissait vagabonder ses pensées durant le temps de la prédication. Il lui arrivait même de sortir sans se souvenir le moins du monde de ce dont le pasteur avait parlé. Plus que les paroles du pasteur, c’était l’ambiance de la célébration et le rythme de la liturgie qui le touchaient et le comblaient. Savoir que depuis 800 ans, des croyants se réunissaient en ce lieu pour prier l’impressionnait profondément. Etaient-ils si différents de lui,
ceux qui avaient connu cette cathédrale toute neuve, ceux qui avaient assisté à sa dédicace à Notre-Dame, ceux qui, du jour au lendemain, étaient officiellement devenus protestants au moment de la Réforme et avaient entendu les sermons de Pierre Viret, ceux qui allaient à l’église sans même se demander s’ils avaient la foi?
Un peu comme lui, en fait… Sans les connaître, il se sentait une proximité avec ces générations qui l’avaient précédé en ce lieu.
Mieux que personne, il pouvait décrire les jeux du soleil qui entrait par les vitraux ou parler de l’heure où la lumière est si douce qu’elle donne l’impression que les statues vous sourient et qu’elles vont vous parler.

Ce matin-là, il était donc en train d’arriver à la cathédrale. Il salua la personne qui lui présentait le psautier, puis prit place sur sa chaise préférée. Il savait qu’avant la fin du culte, il aurait, précisément sur cette chaise, rendez-vous avec la lumière. Il n’aurait pas été jusqu’à dire que c’était une lumière divine, mais il y pensait parfois… La cathédrale était bien le meilleur endroit pour le faire!

Un groupe de jeunes gens arriva. C’étaient des scouts, chemise sur le dos, foulard autour du cou, nœud carré plus ou moins parfait. Il les regarda s’installer, la troupe était bruyante et perturbait son recueillement. Il se souvint de son propre groupe de scouts, de leurs virées dans la nature, des feux de camp, des biscuits de Noël qui parfumaient le local.
Il avait aimé cette période de sa vie, mais avait arrêté lorsqu’il avait commencé le gymnase. Il ne se reconnaissait plus dans ce mouvement. Les activités étaient trop éloignées de ses centres d’intérêt. Mais en observant ces jeunes qui devaient avoir son âge, il se demanda ce qu’ils faisaient, ce qu’ils vivaient dans leurs week-ends.
Pour sa part, il ne se souvenait pas que son groupe soit jamais venu au culte, il trouvait que c’était une bonne idée, qui permettait de passer un beau moment ensemble, dans le silence et la complicité, tout en étant chacun seul avec ses pensées.

Les orgues retentirent. Le culte commença. Le pasteur salua l’assemblée, accueillant particulièrement le groupe des Pionniers-Cordées de la Venoge, puis la liturgie débuta.

Lesdits pionniers-cordées étaient tranquilles et recueillis.
Benoît était, comme d’ordinaire, perdu à l’intérieur de lui-même. Ecouter, plus ou moins. Se lever. Chanter. S’asseoir. Ecouter encore, puis entonner un autre cantique.
Un culte traditionnel et sans histoire…

Benoît observait la lumière. Il observait les gens, reconnut quelques habitués. Il observait les fleurs au pied de la table de communion. L’arrangement était plus joli que celui de la fois précédente. Il aimait quand il y avait des lys, parce qu’ils embaumaient tout autour. Ce matin-là, c’étaient des tulipes et des anémones. Le printemps qui régnait en maître au dehors s’était invité à l’intérieur. Il observait les tableaux de l’exposition du moment. Une Marie en jeans, avec un ventre tout rond, cocon chaleureux pour son enfant à naître. Ce tableau-là l’émouvait particulièrement. C’était exactement ainsi qu’il se représentait la mère de Jésus. Non pas une jeune fille évanescente, avec son voile et sa tunique bleue, dont on se demandait si elle existait ou si on l’avait rêvée. Non, une jolie jeune fille pleine de vie, qui croquait sa jeunesse à pleines dents. Pareille à toutes les autres de son âge, mais tellement différente, tellement unique.
Il perdit le fil de la prédication, qu’il ne suivait pas très attentivement de toute façon.
Il observait les scouts et ne savait s’il les enviait d’avoir continué ou s’il les trouvait stupides de vouloir ainsi jouer à rester enfants et de ne pas grandir… Que faisait-on quand on était scout adulte? On avait passé l’âge de jouer à la marelle, aux Indiens ou au loup glacé, non?

Soudain, le temps se figea pour lui. Les rayons de soleil colorés descendaient avec douceur sur une jeune cordée, auréolant sa chevelure de rouge et de bleu. Comme si, parmi tout ce groupe en vert dont tous les individus semblaient si semblables, elle était différente. Comme si elle était unique. Une jolie jeune fille pleine de vie, qui croquait sa jeunesse à pleines dents. Le cœur de Benoît battit plus fort tandis qu’il observait la belle inconnue. Les mots qui lui vinrent étaient exactement ceux qui s’étaient imposés à lui en regardant ce tableau de la Vierge.

Elle, elle ne le voyait pas, elle regardait ailleurs, elle ne suivait pas non plus très assidûment la prédication. Elle regarda sa voisine et lui sourit, sans autre raison que de partager avec elle le plaisir de vivre ce moment.

L’imagination de Benoît était bien loin des travaux agraires décrits dans la parabole que le pasteur commentait. Il pensait à cette jeune femme et l’imagina, elle aussi, avec un joli ventre rond, puis avec un bébé dans les bras. Et cet enfant, ce pourrait être le sien, à lui aussi, ce pourrait être le leur. Benoît rêvait… Il rêvait si fort qu’il en manqua son rendez-vous avec la lumière, il avait les yeux clos au moment où le soleil était venu le caresser à son tour.

Le culte touchait à sa fin. Le pasteur annonça les activités à venir dans la paroisse, puis exhorta les fidèles, partageant avec eux un souvenir d’un voyage: il avait trouvé une toute petite église, perdue au milieu de nulle part, sur le fronton de laquelle était écrit « Entre pour prier, sors pour aimer ». Ce fut l’appel qu’il lança aux personnes rassemblées là en ce dimanche matin. Comme bien des générations avant eux, ils étaient entrés dans cette cathédrale, ils y avaient prié et c’était pour eux le moment de ressortir dans le monde et d’aimer, comme témoignage de leur foi et de leur fidélité à Dieu et à ses commandements.

Le dernier morceau d’orgue retentit, annonçant la fin du culte. Benoît réfléchit à toute vitesse. Il ne fallait pas que cette jeune fille s’évapore et retourne à sa vie, laissant dans le cœur de Benoît une empreinte inaltérable. Il ne fallait pas qu’elle devienne un doux souvenir qui se rappellerait à lui de temps en temps alors que les regrets de n’avoir rien fait, rien dit, rien tenté le tarauderaient…

Il songea qu’il pourrait s’inscrire aux pionniers-cordées de la Venoge… Mais il n’avait pas de voiture, il ne connaissait personne là-bas… rien ne serait sincère.
Il se dit qu’il pourrait aller se promener au bord de la Venoge de temps en temps et faire mine de tomber sur elle par hasard… Mais il lui faudrait vraiment, vraiment avoir de la chance pour que tout s’enchaîne si facilement.

Ce n’était pas plus tard mais dans l’instant qu’il fallait agir. Il ne voulait pas se ridiculiser. Il ne voulait pas qu’elle ait le temps de réfléchir et de se moquer de lui. Il ne voulait pas être humilié dans la cathédrale, lieu si cher à son cœur.
Il voulait faire quelque chose d’inédit. Quelque chose qui n’aurait jamais été vu dans aucun film à l’eau de rose. Quelque chose qui la surprendrait mais ne l’importunerait pas. Quelque chose d’aussi léger et délicat que les sentiments qu’elle lui inspirait, mais d’aussi profond et enraciné dans la vie qu’elle semblait l’être.

Le groupe des scouts plaisantait et se préparait à sortir. Benoît était toujours sur sa chaise, il n’avait aucune idée. Il n’osait rien faire…

Enfin, il sortit, salua le pasteur et s’apprêta à rentrer, le cœur lourd et l’esprit préoccupé.

Il se ravisa, attendit que le groupe fut dehors, puis s’approcha de la jeune fille qui s’était arrêtée sur le parvis pour admirer le portail Montfalcon et ses lourdes portes en bois.
En toute simplicité, les mots lui vinrent, tandis qu’il glissait dans sa main une carte de visite, cadeau de sa sœur pour le Noël précédent:

« Vous ne savez qui je suis et je ne sais qui vous êtes.
Voici mes coordonnées. Contactez-moi, aujourd’hui, demain ou dans un mois, ou pas du tout, comme vous en aurez envie.
Mais sachez que je sais déjà que je vous aime, et que toujours vous resterez dans mon cœur. »

Et il s’en alla vers le pont Bessières. Il n’avait pas entendu le son de sa voix.

 

J’ai écrit cette nouvelle pour un concours organisé par les amis de la Cathédrale il y a quelque temps déjà. Il s’agissait de mettre en scène la cathédrale Notre-Dame de Lausanne et son ambiance, dans une nouvelle avec un aspect spirituel.

Et vous venez de lire l’histoire qui est sortie de ma petite tête, texte qui n’a pas été retenu…

Voili, voilà, bonne journée.

Le bouquet

« Parfois, la mariée est trop belle, et ce serait trop beau si l’on pouvait changer de peau… » Cette chanson me trotte dans la tête.  La mariée… la mariée… aujourd’hui, c’est moi… Enfin, je crois! Mais oui, j’aimerais changer de peau… être ailleurs et ne pas me poser toutes ces questions…

Cela fait des mois que nous préparons l’événement. Enfin, nous… Damien, surtout… Moi, déjà, je ne voulais pas trop me marier… et pas trop avec lui… ni avec personne… C’est une longue histoire…

J’avais vingt-sept ans quand je l’ai connu. Avant lui, un certain nombre d’hommes (sept, pour être précise), et même deux femmes, avaient partagé ma vie, pour deux mois ou trois ans… Je ne crois guère à l’amour, mais je n’avais jamais supporté de vivre seule. Depuis mes quinze ans, j’ai passé seulement quelques semaines célibataire, j’ai toujours été en couple. Bref, pas grand chose à raconter sur ces relations, si ce n’est leur point commun, je suis toujours partie. Jamais personne ne m’avait quittée, je ne l’aurais pas supporté. Alors, dès que je sentais que notre couple s’étiolait, battait de l’aile, je me sauvais, au propre comme au figuré… et je me consolais dans d’autres bras.

Avec Damien, pour moi, c’était pareil. Jusqu’au jour où, je ne sais toujours ni pourquoi, ni comment, il était tombé sur le carton qui contenait tous mes agendas, que je garde précieusement, et dont je me sers encore aujourd’hui comme journaux intimes. Au jour le jour, il avait ainsi pu suivre toutes mes vies de couple. Et la lente dégringolade de chacune d’elle. A vrai dire, j’avais été plus qu’évasive sur mes amours passées, il n’en savait donc rien…

Quand j’étais rentrée ce soir-là, il m’attendait à la salle à manger, et il m’avait dit « Il faut qu’on parle »… Cette phrase, c’est toujours moi qui la dis, et c’est toujours pour annoncer une rupture. Mon sang n’avait fait qu’un tour… Damien allait me quitter, j’en étais sûre. Pour la première fois de ma vie, j’allais être plaquée, abandonnée, délaissée, répudiée, lâchée… Mon cœur battait à cent à l’heure… Damien s’était approché de moi, m’avait prise dans ses bras… Même pas le courage de faire les choses rapidement, avais-je pensé.

Il s’était ensuite éloigné, puis m’avait désigné les agendas dans lesquels il avait mis une série de petits feuillets repositionnables pour marquer les pages. Il m’en lut quelques passages… et puis, me regardant intensément, il dit « Je ne veux pas être la dixième rupture! » et après un temps: « Je veux t’épouser. »

Les semaines qui suivirent se sont très vite enchaînées… Publication des bans… Faire-parts… Invitations… Sélection de la salle… Entretiens avec le curé de son enfance… Rendez-vous chez le traiteur, dégustation du menu… Choix des alliances…

Et voilà, c’est le jour J. Je suis grisée. Je n’en reviens pas. Me marier, moi???

Je suis prête. Coiffée, habillée… J’ai demandé à Marie-Laure, mon amie de toujours, qui m’a aidée à me préparer, de me laisser seule… Je veux encore réfléchir, c’est bien le dernier moment. En catimini, je quitte la maison et, dans ma robe blanche mais pieds nus, je me faufile dans les ruelles pour arriver sur la plage. Le Léman est un peu gris, un peu bleu… C’est une belle journée du début d’été. Je regarde l’eau. Je pose mon bouquet sur le sable et, de mes deux mains, lève ma robe et plonge mes pieds dans l’eau. La fraîcheur me fait du bien… Le large m’appelle… Et si je n’y allais pas? Bien sûr, Damien serait déçu, nos familles aussi (enfin, la sienne, moi, je n’ai que mon père, ni mère, ni frère, ni sœur…)… Mais bon, est-ce si grave? Tout le monde s’en remettrait, et les invités auraient au moins une anecdote originale à raconter sur ce mariage! … ou ce non-mariage…

J’en suis là de mes réflexions. Au loin, les cloches sonnent… Je regarde une dernière fois vers le large, le bateau de la CGN qui passe au loin… Ce n’est plus le large qui m’appelle, mais Damien… et le son des cloches me montre bien à quel point je suis en retard… Je cours dans les rues de la petite ville, les gens se retournent sur mon passage, j’entends des rires… et une petite fille qui demande pourquoi je n’ai pas de chaussures!

Me voilà, Damien, je suis là! Papa me sourit, me prend par le bras et me conduit dans la petite église. Il me glisse: « Tu n’avais pas un bouquet? » Le bouquet. Mince!!! Tant pis, si Damien m’aime assez pour m’épouser après tout ce qu’il a lu… il m’aimera assez pour m’épouser sans bouquet!

Tout ça pour vous expliquer pourquoi je suis la mariée sans bouquet… Car quand Marie-Laure a envoyé sa fille aînée chercher le bouquet sur la plage… quelqu’un l’avait pris! Je suis contente de me dire qu’il a rendu quelqu’un heureux. Et finalement, je suis très heureuse de me marier sous ce soleil radieux.

 

 

Dans le cadre des photos de la semaine, Fille aînée a photographié ce bouquet, trouvé sur une plage. Les commentaires vont bon train sur son site pour essayer d’expliquer la présence de ce bouquet abandonné… Je me suis donc lancée à écrire une nouvelle… La chanson que la mariée, mal dans sa peau, fredonne au début s’appelle Manque de pots, de Valérie Lou, mais je n’ai pas trouvé de lien pour vous la faire écouter. « Parfois, je voudrais être chat, parce que quand on est chat, on reçoit des mamours sans trop se fatiguer… » c’est le début des paroles.

Voili, voilà.

La carte

L’enfant n’en démord pas. Il veut bien inviter sa grand-mère chérie à passer la Chandeleur avec eux, mais il ne veut pas lui bricoler une carte comme les autres années. Il veut lui envoyer celle qu’il a vue dans la vitrine du bouquiniste de la rue d’à-côté. A cours d’argument, Maman finit par lâcher… La mère et l’enfant achètent donc cette carte…

Maman s’interroge… La carte n’est pas à son goût ; elle avait trouvé plein d’idées d’invitations sur Pinterest qu’elle aurait bien vu son petit garçon reproduire: en forme de crêpe, en forme de poêle, en forme de fleur, avec des photos, avec une recette… Les parents se font un devoir de lui offrir une vraie vie de famille: ski en février, chocolats et course aux œufs pour Pâques, cadeau pour la réussite de l’année scolaire, vacances d’été à la mer, cartable neuf à la rentrée, sapin, crèche, montagne de cadeaux pour Noël… et bien sûr, crêpes à la Chandeleur, le plus souvent avec la grand-mère, qu’il convient d’inviter cérémonieusement à chaque fois.

– Alors, mon poussin, pourquoi cette carte? (Elle s’est retenue, elle n’a pas ajouté vieille…)
– Ben, parce qu’elle est bien comme Mamie…
– Comment ça, bien comme Mamie??
– Ben, oui, bien comme Mamie, et bien comme moi.

Maman ne comprend plus… point commun entre Mamie et la carte : elles sont vieilles… mais son petit bout de chou, lui, ne l’est pas… Elle décide de ne pas aller trop loin dans la demande de détails…

Voilà le 2 février. Mamie arrive et le petit homme se pend à son cou…

– Je suis content de te voir, Mamie, ça me fait super plaisir… Tu as reçu ma carte? Tu l’as aimée?
– Mais bien sûr, mon petit bonhomme! J’ai beaucoup aimé ton choix.
– J’étais sûr que tu l’aimerais, mais Maman pas du tout… On est comme la carte, toi et moi!
– Mais oui, mon chéri, on est coq tous les deux en astrologie chinoise!

Voili, voilà. Bonne journée.

37 ans, 3 mois, 29 jours

Voici ma participation au défi hebdomadaire de Mil et une.

37 ans, 3 mois, 29 jours.

C’est mon âge aujourd’hui. Je suis né le 30 septembre 1884 à Auvers-sur-Oise. Je n’ai pas de père, mais j’ai une mère… et justement, aujourd’hui, elle tient à me voir. Je ne sais pas ce qu’elle me veut… Nous nous voyons rarement: je vais chez elle pour sa fête, elle vient chez moi pour la mienne, nous suivons la charmante coutume anglaise de nous envoyer une carte début décembre… et c’est à peu près tout… Je ne suis pas le fils qu’elle a rêvé d’avoir.

La pauvre femme m’a élevé seule, en tirant le diable par la queue. Nous manquions de tout, mais surtout d’un père et d’un mari. J’ai voulu ne plus connaître cela, j’ai demandé une bourse, j’ai fait mon droit à Bourges et puis la guerre est arrivée. Une sale guerre… j’ai vécu dans les tranchées les pires heures de ma vie. Le cauchemar… mais j’ai survécu, et me voilà maintenant notaire. Je ne manque de rien… mais je n’ai rien non plus. J’ai proposé à ma mère de s’installer avec moi, mais elle est trop fière, elle ne veut pas de mon aumône. C’est dommage. Elle comprendrait que la vie bien rangée que je mène et le confort qu’elle offre valent leur prix. Bien sûr, ce n’est pas chez moi qu’on verrait un champ de tournesols peint à même le mur, comme dans la maison de mon enfance. Je ne suis pas assez fantasque à son goût. Elle, oui.

Je suis intrigué. Pourquoi veut-elle me voir, et pourquoi tenait-elle tellement à ce que ce soit aujourd’hui, 27 janvier 1922 ? On aurait pu se voir demain, j’ai toujours du temps le samedi. Elle n’a rien voulu savoir et il m’a fallu annuler deux rencontres avec des clients. Je l’attends. Toujours avec sa fierté mal placée, elle n’a pas voulu que je vienne la chercher à la gare.

J’entends du bruit. La voilà qui toque.

Je quitte mon étude, grimpe l’escalier qui mène à mon appartement et trouve ma mère embarrassée d’un grand paquet plat, bien emballé et bien ficelé. Elle a les joues rouges d’avoir peiné dans la rue. Elle rit en me racontant qu’elle a glissé sur le verglas. Et puis elle me remet le paquet. C’est pour moi. De la part de mon père.

Je la regarde longuement. Je croyais que je n’avais pas de père ? Ma mère a toujours eu de drôles de lubies, comme celle de me voir à des dates très précises de temps à autre. Comme aujourd’hui, du reste. Je suis perplexe et elle le voit. Elle m’encourage à ouvrir mon cadeau. Je déballe donc l’objet, probablement un tableau. Ca ne manque pas. Un tableau carré, d’environ 50cm de côté… Une prairie, une petite fille en robe bleue, une balle orange. Pas vraiment laid, mais enfin, ce n’est pas beau…

Ma mère m’observe. Elle ne dit rien, mais je sens qu’elle est déçue. Comme chaque fois qu’elle essaie de faire vibrer ma sensibilité artistique. Je lui ai expliqué tant et tant de fois que, contrairement à elle, je n’ai pas de sensibilité artistique. Je ne suis pas comme elle. Et je ne vois pas le rapport entre mon père et le tableau que je tiens toujours en main.

Les minutes passent. Ni elle ni moi n’avons jamais été doués pour dénouer les tensions.

Les larmes perlent à ses yeux. Elle parle. Ce tableau, c’est moi. C’est mon père qui l’a peint. Et aujourd’hui, à 37 ans, 3 mois, 29 jours, j’ai exactement l’âge qu’il avait quand il s’est ôté la vie. Ce tableau est très connu, dans le milieu de l’art. Mon père l’a peint environ un mois avant de mourir, et il était à côté de son cercueil dans la pièce funéraire… Je ne me souviens que d’une seule mort violente, dans mon enfance, c’est quand Monsieur Vincent a tiré avec son propre pistolet. J’explique ça à ma mère. Qui sourit à travers ses larmes. Monsieur Vincent, Vincent van Gogh, était mon père. Elle n’a jamais révélé ce secret à personne… Il venait d’arriver au village, elle avait juste 15 ans. Il lui a plu tout de suite, même s’il était plus âgé qu’elle. Il était beau mais tourmenté. Ils s’étaient aimés à l’abri des regard, et puis, j’étais arrivé, petit être pas du tout prévu. Les parents de ma mère avaient refusé qu’elle se marie, puis l’avaient reniée. Je vous ai dit qu’elle était fière. Elle n’a pas voulu que Monsieur Vincent l’entretienne et a vécu de menus travaux, pour m’élever. Ce fut plus dur encore après sa mort…

Je la regarde. Je comprends beaucoup de choses. Je pose le tableau, je la regarde et je la prends dans mes bras. Elle pleure. Et pour la première fois de ma vie d’adulte, je pleure aussi… Peut-être ma fibre artistique se révèle-t-elle, après tant de temps ?

Voili, voilà, c’est une pure fiction inspirée par le tableau et cet article qui parle de l’Enfant à l’orange.

L’interro


Ce matin, la maîtresse pose devant chaque enfant une feuille d’interro. Ils le savaient et pour la plupart, se sont donné la peine de réviser.

Les questions portent sur l’origine de l’univers, la théorie du Big-Bang et tout ça… La maîtresse, qui n’aime pas donner de mauvaises notes, décide de faire des questions faciles, cela permettra aux mauvais élèves de remonter un peu leur moyenne, et aux bons d’avoir une victoire facile. Ca aide aussi à garder confiance en soi…

L’interro se passe sans histoire, les enfants rendent leurs copies et sortent en récré.

… et la maîtresse commence les corrections… Elle n’en croit pas ses yeux!

A la question « Quelle théorie scientifique explique que l’univers est né d’une explosion il y a 14 milliards d’années? »
– Chilpéric, manifestement encore à Londres dans sa tête, a répondu « le Big Ben »;
– Eusébie a associé explosion et terrorisme, et elle a répondu « Al Qaïda ou Daesch, je sais plus ». Cela ferait rire si ce n’était pas si triste.
– Bibiane, elle, a commenté que cette théorie était certainement fausse, « parce qu’une explosion, ça détruit et ça construit pas! »
– Matthéo, prêt à monter un groupe de jazz, rapporte que cette explosion s’appelle le Big Band.
– Crépin, qui n’a pas encore atterri après avoir vu « Le Réveil de la Force », a écrit « voie lactique »… à moins qu’il n’ait trop regardé les publicités qui parlent de l’acide lactique…

Question suivante: « Comment s’appelle notre galaxie? »
– Pour Théophraste, c’est la Terre, pour Gérard, l’air, pour Japhet, l’eau. Ne manquerait plus que l’un ou l’autre réponde « le feu » et les 4 éléments seraient présents… On y presque, du reste, puisque Marie-Antoinette pense que c’est le Soleil…
– la maîtresse rit beaucoup aussi de l’orthographe adoptée par ses élèves… Marine a écrit la Voylacter, Sybille, la voix laitière (elle a bien écouté l’histoire, mais pas tout retenu!), Wandrille, lui, a écrit en un mot voilacté, sans parler de la voile Actée de Julien, Justine a écrit « Voie laquée », puis elle a corrigé en écrivant « Voie laquetée ».

Ensuite, une phrase à compléter: « Auparavant, on pensait que la terre était… ; aujourd’hui, on sait qu’elle est… »
– Estelle pense qu’avant, on pensait qu’elle était petite, et que maintenant, on sait qu’elle est grande, alors que pour Julie, qui pourtant n’est pas du tout près d’elle en classe, avant on pensait qu’elle était grande et maintenant, on sait qu’elle est petite… Tout est relatif, finalement, Albert vous le dirait!
– Pour Japhet, (tiens, encore lui!), avant, on pensait qu’elle était ovale (écrit « auvale »…)!

Enfin, dernière question, une autre phrase à compléter: « Les bactéries ont été la première forme de … sur terre ».
– Marilyne a répondu que ça avait été la première forme d’humains… elle rejoint assez Mikael pour qui c’est la première forme d’animaux.
– Pour Théo, il faudra l’équiper d’un tournevis, car les bactéries ont été, écrit-il, la première forme de vis… Cruciforme ou plate? Il ne précise pas!
– Carine estime qu’elles ont été la première forme de maladie… sans se demander qui elles ont pu rendre malade, quant à Quentin, il a répondu que c’était la première forme de parazzite (orthographié tel quel!).

Finalement, la jeune femme se faisait tout un monde de perdre sa pause à faire ces corrections, mais elle s’est bien détendue et a beaucoup ri. Elle regrette maintenant d’avoir jeté tous ses cahiers d’écolière, car il lui semble qu’il y aurait aussi eu de quoi rire de longs moments… et de quoi partager avec les autres maîtresses! Elle se rend compte que ses institutrices ont dû rire, elles aussi! Il lui revient cette maxime de Joseph Folliet: « Bienheureux ceux qui savent rire d’eux-mêmes: ils n’ont pas fini de s’amuser. » Après s’être amusée aux dépens des chères têtes blondes que l’éducation nationale lui confie, elle rit maintenant de ses propres étourderies.

Voili, voilà, un tir groupé pour la cour de récré de Jill Bill… Désolée de ne pas être plus présente, mais mes journées n’ont malheureusement que 24 heures!!! Ma vie ressemble un peu à ça en ce moment…

trop de travail

Gisèle

Gisèle et Lucienne sont inséparables depuis toujours. Elles aiment médire de leurs voisins, du quotidien, de l’actualité, de la vie qui passe…

Elles ont un style d’enfer…

Elles me font rire.

Je les aime parce que leur humour décapant et leur regard décalé sur les autres, les incompréhensions dont elles témoignent souvent me font voir la vie autrement.

Bien sûr, je veux parler de ces deux délicieuses dames un tantinet désuètes… Vous avez reconnu sans peine les Vamps!

Gisèle, donc, héroïne du jour:

Et pour finir, l’un de leurs petits numéros, les voici dans un centre bien-être… au lieu d’aller rejoindre les autres à la cour de récré de Jill Bill!

Une petite anecdote: à la maison, toutes nos filles sont appelées Gisèle quand elles font la mauvaise tête, quand elles sont bougonnes… on se demande bien pourquoi?!?!

Voili, voilà, ce n’est pas une nouvelle, mais un petit clin d’œil cette fois.