Hier encore

En ce moment, j’ai plus des envies d’écriture que de bricolage… Alors je me lance à écrire quelques textes…

Celui-ci est pour un jeu littéraire trouvé sur Mil et Une. Il s’agit d’écrire sur ce sujet :

sujet semaine 4

source >>> clic

Un jour, c’était dans l’autre siècle encore, un jour, je me suis mariée. J’ai atteint mon but par cette union : je voulais qu’on me respecte, je voulais qu’on cesse de me traiter d’arriviste (tout ça parce que mes parents sont milliardaires. Y puis-je quelque chose, moi, si je suis née avec une cuiller d’argent dans la bouche ???). J’ai épousé Louis-Gonzague.

Louis-Gonzague est un homme formidable.
Il est doux (c’est ce que dit sa mère, mais je vous le dis en confidence, c’est simplement un faible qui n’ose lui opposer de résistance).
Il est intelligent (c’est ce que dit son père, mais je vous le dis en confidence, tout ce qu’il sait vient du Petit Larousse).
Il est fort (c’est ce que dit sa sœur Gersande, mais je vous le dis en confidence, n’importe qui pourrait porter cette jeune fille, pas seulement Louis-Gonzague).
Il est sportif (c’est ce que dit son oncle Auguste, mais je vous le dis en confidence, ces deux-là n’ont jamais été au club sportif ensemble, Auguste est plutôt porté sur le sport sur matelas…).
Il est patient (c’est ce que dit son ami André, mais je vous le dis en confidence, il n’a pas l’envergure de ses colères).
Il est honnête (c’est ce que dit son casier judiciaire, mais je vous le dis en confidence, il n’a qu’à prononcer son nom pour que tout le monde cède et que la police ferme les yeux sur ses écarts).
Il est courageux (c’est ce que dit son neveu Alphonse, mais je vous le dis en confidence, il sursaute au moindre bruit).
Il est compréhensif (c’est ce que dit sa cousine Garance, mais je vous le dis en confidence, il n’écoute personne et pense à autre chose quand elle s’épanche auprès de lui).
Il est beau (c’est ce que dit Point-de-Vue Image, mais je vous le dis en confidence, si Photoshop n’existait pas, il faudrait l’inventer rien que pour Louis-Gonzague !).
Il est duc (c’est un fait, et je vous le dis en confidence, c’est la seule chose qui m’intéresse chez lui.).

Me voici donc Duchesse Laure-Alexandrine Vildis de Bellalouette. C’est parfait sur mes cartes de visite ; j’ai abandonné le prénom ridicule d’Odile donné par mes parents, au profit de quelque chose qui me correspond mieux : Laure-Alexandrine. Laure, comme ma grand-mère, et Alexandrine parce que ça me plaisait et que je ne voulais pas être en rade avec un prénom simple alors que lui en avait un composé.

Bref, Louis-Gonzague était noble, et il avait reçu en héritage un immense domaine. Mais il était ruiné.
Moi, je n’avais ni titre, ni terre de mes ancêtres. Mais j’étais richissime.
Nous étions faits pour nous entendre. Rien ne nous liait qu’un contrat de mariage, stipulant, j’avais insisté, pour que MON titre ne puisse m’être ôté si nous en venions à nous séparer. En échange, je m’engageais à lui verser un quart de ma fortune. Un quart… toute ma vie durant, je ne pourrais dépenser la moitié du quart de ce que je possédais. Alors, un peu plus, un peu moins, ce n’était pas une affaire. Sans compter que pendant que je dormais, que je mangeais, que je recevais ou même que je respirais, simplement, les placements juteux effectués par mon défunt père faisait s’accroître mon patrimoine.

Lorsque j’ai épousé Louis-Gonzague, son domaine était à l’abandon. L’étang coquet s’était vidé et comblé, des arbres avaient même poussé en son centre. Les statues avaient été vandalisées par les gamins du village. Le château était une ruine fumante. Un déchetterie avait pris place à l’arrière du bâtiment, vous voyez la fumée qui se dégage de l’incinération sur cette photo ancienne. Avec de l’argent, on peut beaucoup, avec un nom, on impressionne, et quand on a les deux, on fait passer la commune et d’autres instances par où l’on veut. Il n’a pas fallu deux semaines pour que la déchetterie soit déplacée. En deux mois, le terrain avait été préparé, à grand renfort d’équipes de jardiniers qui avaient travaillé jour et nuit sur le chantier. Ils se plaignaient de travailler autant, mais enfin, je payais, alors je ne vois pas pourquoi ils geignaient ainsi. Leur famille, leurs enfants qu’il ne voyaient pas grandir… franchement, quand on reçoit de l’argent en échange, on ne ménage pas sa peine.
Le gazon fut semé, l’étang remis en état, les statues réparées ou remplacées… En quelques mois, les extérieurs étaient de nouveau resplendissants. Il a fallu plus de temps pour remettre en état le château, mais là encore, je ne laissai pas le choix lors des appels d’offre. Peu m’importait le prix. Ce qui m’intéressait était la rapidité d’action.

La fête que j’organisai pour les noces d’or de mes beaux parents ébahit tout le monde. Sauf mes parents qui ne furent pas invités, bien entendu. Imaginez ma honte si, après tout cela, ma mère avait lâché un « Odilette chérie » devant les journalistes de Point-de-Vue Images ?!?!

Hier encore tout n’était que ruine ici. Aujourd’hui, je cherche à détruire toutes les images qui rappellent le passé honteux de ce domaine et de ma famille. Celle-ci est la dernière qui reste. Et je vais la détruire maintenant…

Photo qui brûle

Voili, voilà. Un élément de ma propre vie s’est glissé dans le discours de Laure-Alexandrine. Qui saura le retrouver recevra une carte.

11 réflexions au sujet de « Hier encore »

  1. Bonjour Bourgeoncréatif et merci pour votre com. chez Mil et Une
    une photo qui brûle? voilà une bien belle façon d’effacer les mauvais souvenirs…
    à bientôt de vous lire ici ou là-bas.

  2. Comme je suis ta maman je ne répondrai pas à ta question car j’ai trouvé tout de suite me semble-t-il et je ne voudrais influencer personne.
    Tu es une fille extraordinaire, est-il besoin de le répéter. Ton texte m’a beaucoup émue et la photo finale est tout simplement à sa place !!!
    Je t’embrasse, fille chérie.

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