Linda

Linda vivait dans un joli appartement avec Pierre, son petit garçon de 8 ans et Fred, son mari. Ils n’étaient ni heureux, ni malheureux et vivaient une vie sans éclat. Elle travaillait à mi-temps pour avoir du temps pour leur fils et pour tenir la maison. Lui partait 11 heures par jour pour un poste de comptable dans la ville d’à-côté.

La vie bascula un matin, alors que personne ne s’y attendait. Sylvie, une voisine, avait proposé à Linda de recevoir un démarcheur: elle gagnerait une prime, Linda aussi, et le démarcheur pourrait travailler. Tout le monde y gagnait.

Une fois Pierre parti pour l’école, Linda fait un brin de ménage. Même si on venait lui vendre un aspirateur, ce n’était pas une raison pour que le démarcheur doive faire le ménage en arrivant! Elle redresse une rose dans le vase. Sa mère les lui a apportées dimanche. Elle déteste les fleurs coupées, pourtant, sa mère devrait le savoir… Elle prépare du café, arrose ses 3 plantes vertes (Fred n’aime pas ça, alors elle n’en a pas autant qu’elle l’aurait voulu, mais enfin, elle en a).

Aussi ponctuel qu’un train suisse, le vendeur sonne à la porte à 9 heures.
Linda ouvre la porte et fait entrer son hôte, auquel elle offre du café.

Elle l’écoute distraitement présenter son appareil ménager. Elle doit bien avouer qu’elle n’a aucun intérêt à cet achat. L’engin est encombrant et bruyant. Exactement les deux raisons pour lesquelles elle n’a pas d’aspirateur.

D’emblée, Linda aime ce timide démarcheur. Elle ne sait même pas son prénom, mais il lui semble plein d’intelligence et capable d’empathie, bien plus que son mari, en tout cas! Au lieu de le laisser présenter son appareil, elle babille avec lui tout le temps du rendez-vous.

Au moment de partir, il lui remet sa carte, non sans lui avoir présenté le bon de commande. Elle a 7 jours pour se rétracter, ajoute-t-il. Amos de Veppi… C’est le nom qui est inscrit sur la carte. Est-il marié? Il porte un alliance, certes (mais Georges, le meilleur ami de son mari, qui est célibataire, en porte une aussi, c’est le seul souvenir qu’il a de son père parti trop tôt). Linda se prend à rêver à ce que pourrait être sa vie avec Amos. Comme sa femme a de la chance. Cet homme, cet homme lui fait tourner la tête! Elle qui est si sage d’ordinaire et qui ne porte aucun intérêt aux autres individus de sexe masculin, rougit en formulant cette pensée. Elle signe. Bien sûr qu’elle signe. Bon de commande en poche, Amos s’en va. Ils se saluent sur le pas de la porte. Linda aimerait bien le retenir, mais cela ne se fait pas. La porte fermée, Linda revient s’asseoir sur le canapé. Amos a oublié son stylo.

Les jours passent. Amos hante l’esprit de Linda. Comme une adolescente, une après-midi, utilisant le stylo oublié, elle a noirci une page entière du prénom aimé. Elle s’est amusée à signer Linda de Veppi. Bien vite, elle brûle la feuille compromettante.

Le cinquième jour, elle l’appelle. A la troisième sonnerie, il répond. Elle veut annuler sa commande. Et elle veut surtout lui rendre son stylo. Elle lui donne rendez-vous en milieu d’après-midi dans un bistrot proche de son travail. Elle s’y prépare comme pour un rendez-vous galant. Dix minutes avant l’heure, elle est déjà attablée. Amos arrive.
« – Laisse-moi parler, lui dit-il, depuis notre rencontre, je ne pense plus qu’à toi. Cent fois j’ai voulu t’appeler, cent fois j’ai renoncé. Je crois… je crois que je t’aime. »
Et Linda, cœur de guimauve, fond devant cet aveu. Les événements se précipitent. De part et d’autre, les divorces sont mis en route. En quelques mois, les choses se règlent dans les deux foyers. Véronique envoie une lettre à Linda, ne comportant que deux mots: « Bon courage! ».

Et voilà nos tourtereaux installés ensemble. Pierre leur tient compagnie une semaine sur deux. Linda tombe enceinte. Tout va pour le mieux. La vie en rose?
Eh bien non, car depuis le jour où Amos a commencé à vivre avec elle, le doute, le terrible doute, taraude Linda, l’assaille, ne lui laissant ni tranquillité, ni joie de vivre, ni répit.
Et si, et si Amos tombait amoureux d’une autre cliente????

J’avais envie d’explorer l’autre facette d’une même histoire. Comme vous l’avez certainement constaté, celle-ci est donc intimement liée à l’histoire d’Amos publiée la semaine dernière.

Mon couple à moi va bien mais mes dernières histoires sont des affaires de couple un peu moroses… J’aime mieux cela que le contraire!

Voili, voilà. Jill Bill, il faudra prendre bien soin de Petit Pierre dans la cour de récré, tu vois les tumultes familiaux qu’il traverse!

7 réflexions au sujet de « Linda »

  1. Bonjour élève Gwendoline… Ah les démarcheurs… déjà pas une vie facile le porte à porte, et si en plus coup de coeur sur coup de coeur… !! Oui promis pour p’tit Pierre… désormais entre deux valises…. Bon Linda sois tout de même la bienvenue à la cour de récré, MERCI à toi, bises de m’dame JB et sur ce bel et bon été Gwendoline, à la revoyure … 😉

  2. Une histoire d’amour qui risque de connaitre des hauts et des bas surtout quand le doute s’installe.
    Bien vu je crois ne pas avoir lu ton Amos j’y vais de suite .
    Bonne soirée
    Bisous

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